Cette vidéo aborde une question qui revient très fréquemment chez les professionnels, les parents et les jeunes eux-mêmes : les nudes sont-ils autorisés ou interdits par la loi ? Derrière ce terme largement utilisé se cachent des réalités juridiques, sociales et éducatives complexes, souvent mal comprises.
La vidéo commence par définir ce qu’est un nude. Il s’agit d’un anglicisme signifiant littéralement « nu », et qui désigne l’envoi d’une photo ou d’une vidéo de soi montrant son corps nu, dans une intention érotique ou parfois pornographique. Cette précision est importante, car toutes les images ne relèvent pas de la même qualification juridique.
Sur le plan légal, la situation est claire lorsqu’il s’agit d’adultes. Entre deux personnes majeures, consentantes, l’envoi d’un autoportrait pornographique est autorisé par la loi française. En revanche, ce consentement ne vaut que pour la réception de l’image : il n’autorise en aucun cas sa diffusion à des tiers. Le partage non consenti d’une image intime constitue une infraction distincte, même lorsque l’image a été transmise volontairement à l’origine.
La question devient beaucoup plus sensible dès lors qu’il s’agit de mineurs. En France, la loi interdit la détention et la diffusion d’images pornographiques représentant des mineurs, y compris lorsque ces images sont produites et échangées entre deux adolescents consentants. Autrement dit, même un échange « volontaire » entre mineurs peut constituer une infraction pénale. Dans la pratique, les parquets peuvent parfois considérer que certaines situations sont insuffisamment qualifiées pour engager des poursuites, mais cela ne modifie pas le cadre légal de référence.
La vidéo précise également ce qui est considéré comme une image interdite. Une photographie suggestive sans nudité explicite ne pose pas nécessairement problème. En revanche, dès lors que l’on voit des parties sexuelles, la poitrine, les fesses ou les organes génitaux d’un mineur, l’image devient illégale, qu’il s’agisse d’une photo, d’une vidéo ou même d’un dessin. À cela s’ajoute le droit à l’image : un mineur n’est pas autorisé à diffuser son image sans l’accord de ses parents.
L’objectif de la loi est rappelé avec insistance : il ne s’agit pas de punir les mineurs, mais de les protéger. Pour approfondir la compréhension du cadre pénal, la vidéo renvoie vers des ressources spécialisées permettant de mieux appréhender les textes juridiques et leurs enjeux.
Un rappel synthétique permet de clarifier les situations : les nudes entre adultes consentants sont autorisés ; les nudes entre mineurs, qu’il y ait consentement ou non, sont interdits ; les échanges de nudes entre un majeur et un mineur sont évidemment interdits, que l’image provienne du mineur ou du majeur.
La vidéo s’intéresse ensuite à la réalité sociale du phénomène. Les études montrent que l’envoi de nudes est aujourd’hui très répandu et largement banalisé chez les jeunes. Il s’inscrit souvent dans des pratiques de séduction ordinaires. Une étude de 2022 menée auprès de plus de 10 000 jeunes âgés de 13 à 25 ans indique que près de 75 % d’entre eux déclarent avoir déjà envoyé un nude. Dans la grande majorité des cas, cette initiative vient d’eux-mêmes et se déroule en dehors d’une relation de couple.
Le point le plus préoccupant concerne la diffusion secondaire des images. Lorsqu’elles sont transférées à d’autres personnes, cela se fait le plus souvent sans le consentement de la personne représentée. Pourtant, très peu de victimes portent plainte, ce qui complique la prise en charge et la limitation des dommages.
Face à ces situations, le rôle des adultes est central. Il s’agit d’accompagner le jeune dont l’image circule, sans jugement ni culpabilisation. L’urgence est de signaler rapidement les faits afin de limiter la diffusion. La vidéo insiste sur l’importance de connaître le numéro national 3018, qui permet une mise en lien rapide avec les autorités compétentes et les acteurs de la protection numérique.
Enfin, la prévention repose sur plusieurs leviers. Limiter autant que possible l’envoi de nudes, éviter de montrer son visage, s’accorder sur la suppression des images et travailler en amont sur la pudeur, l’intimité et l’usage des écrans sont des pistes essentielles. Plus largement, le développement des compétences psychosociales — empathie, respect de soi et des autres — constitue un enjeu majeur de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. C’est en sensibilisant tôt que l’on réduit les risques et que l’on protège durablement les jeunes.