Cette vidéo questionne une idée largement répandue dans le débat public : pour empêcher la récidive, suffirait-il d’imposer des peines de prison plus longues aux personnes condamnées ? L’intuition est simple et séduisante : plus la sanction est sévère, plus elle dissuaderait de recommencer. Pourtant, les données scientifiques et les comparaisons internationales montrent une réalité bien différente.
La vidéo commence par rappeler que l’allongement des peines repose sur une logique intuitive mais peu vérifiée. On pourrait penser qu’un long séjour en prison décourage durablement toute envie de commettre une nouvelle infraction. Or, les recherches menées en France montrent que l’allongement des peines de prison ne réduit pas significativement le taux de récidive. Dans certains cas, il peut même produire l’effet inverse.
Un des mécanismes expliquant cette inefficacité est l’isolement. Les personnes qui passent de longues années en détention se retrouvent souvent coupées de la société, de leurs proches, du monde du travail et des repères sociaux ordinaires. À la sortie de prison, cette rupture rend la réinsertion particulièrement difficile. Sans ressources, sans accompagnement et sans perspectives, certaines personnes replongent dans des comportements violents ou délictueux, non par manque de peur de la sanction, mais faute d’alternatives concrètes.
La vidéo met alors en avant ce qui fonctionne mieux que la seule sévérité pénale : les programmes de réinsertion. L’exemple de la Norvège est particulièrement éclairant. Dans ce pays, les peines sont généralement plus courtes, mais l’accompagnement en détention et après la sortie est très développé. Résultat : le taux de récidive y est d’environ 20 %, contre plus de 50 % dans certains pays qui privilégient des peines longues sans réel suivi éducatif, social ou sanitaire.
L’enjeu n’est donc pas tant la durée de la peine que son contenu. Les programmes efficaces sont ceux qui permettent aux personnes détenues de travailler sur leurs comportements, leur rapport à la violence, leurs éventuelles addictions, leurs difficultés psychiques et leur capacité à trouver une place dans la société. Sans ce travail de fond, la prison se contente de mettre à l’écart temporairement, sans réduire durablement le risque de nouvelles infractions.
La vidéo souligne également que dans certains systèmes pénitentiaires, les personnes sortent de prison sans accompagnement réel : pas de logement, peu de ressources, pas de suivi. Dans ces conditions, la récidive devient parfois une issue quasi mécanique. À l’inverse, des dispositifs associant accompagnement éducatif, insertion professionnelle, suivi social et soins montrent des résultats bien plus encourageants.
En conclusion, la vidéo répond clairement à la question posée : les peines de prison plus longues ne sont pas, en elles-mêmes, une solution efficace contre la récidive. Ce qui fait la différence, c’est ce qui est proposé pendant la détention et après la sortie. Miser sur la prévention de la récidive, la réinsertion et l’accompagnement global permet de réduire durablement les violences et les infractions, bien plus que l’allongement automatique des peines.