Cette vidéo analyse la place croissante des émotions dans l’espace public et interroge leurs effets sur la démocratie et sur la lutte contre les violences, en particulier les violences sexuelles. À l’ère des réseaux sociaux, les émotions sont devenues des leviers centraux de captation de l’attention : indignation, colère ou peur sont amplifiées, monétisées et parfois instrumentalisées à des fins politiques ou commerciales.
En s’appuyant sur des travaux récents du CEPREMAP, la vidéo montre que le registre émotionnel occupe une place de plus en plus importante dans les discours politiques, au détriment du débat rationnel et de l’analyse des faits. Cette « politique de l’émotion » fragilise le fonctionnement démocratique en favorisant la polarisation et la simplification excessive des enjeux complexes.
Appliqué aux violences sexuelles, ce phénomène produit des effets ambivalents. Les émotions, notamment l’indignation, peuvent mobiliser et pousser à agir. Mais lorsqu’elles dominent sans mise à distance, elles peuvent aussi paralyser, nourrir des discours de haine, favoriser des réponses simplistes ou contre-productives, et rendre les individus — y compris des professionnels — plus vulnérables aux manipulations idéologiques.
La vidéo souligne que la sidération et la colère sont des réactions humaines légitimes face aux violences, mais qu’elles ne suffisent pas à construire des réponses efficaces. Sans analyse, sans nuance et sans appui sur les données scientifiques, l’émotion peut renforcer la violence au lieu de la prévenir.
Pour sortir de cette logique d’« émocratie émotionnelle », deux leviers sont mis en avant : le développement de l’intelligence émotionnelle, afin de reconnaître et réguler ses propres affects, et l’éducation aux médias, pour apprendre à décrypter les discours émotionnels, vérifier les sources et résister aux mécanismes de manipulation. Ces compétences, notamment travaillées dès l’enfance dans les programmes éducatifs, sont présentées comme essentielles pour préserver le débat démocratique et renforcer durablement la prévention des violences.