Cette vidéo montre en quoi le développement des compétences psychosociales constitue aujourd’hui l’un des leviers les plus efficaces pour prévenir les violences et améliorer durablement la santé des individus. Loin d’être une idée récente ou théorique, cette approche s’appuie sur près de quarante années de recherches en santé publique et en sciences humaines.
Les compétences psychosociales correspondent à un ensemble limité mais fondamental de capacités, identifiées et consolidées progressivement par les professionnels de la santé. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, il ne s’agit pas d’une multitude de compétences complexes : seules neuf compétences fondamentales suffisent à aider une personne à faire face aux exigences et aux défis de la vie quotidienne. Ces compétences sont organisées en trois grandes catégories complémentaires : cognitives, émotionnelles et sociales.
Les compétences cognitives renvoient d’abord à la conscience de soi. Elles impliquent la capacité à se connaître, à identifier ses forces, ses limites, ses valeurs et ses objectifs. Elles incluent également la pensée critique, c’est-à-dire la capacité à repérer les biais, les influences et les pressions extérieures, ainsi qu’une auto-évaluation positive permettant de reconnaître ses propres qualités. Enfin, elles supposent de savoir prendre soin de soi, de s’écouter et d’être attentif à ses besoins. La vidéo souligne que nombre d’adultes n’ont eux-mêmes jamais pleinement développé ces compétences, ce qui montre l’ampleur de l’enjeu éducatif.
Ces compétences cognitives s’accompagnent de la capacité à se maîtriser : savoir gérer ses émotions, se fixer des objectifs réalistes et prendre des décisions constructives. Faire des choix responsables et résoudre les problèmes de manière créative font également partie de ce socle essentiel, indispensable pour éviter les réponses impulsives ou violentes face aux difficultés.
Les compétences émotionnelles occupent une place centrale dans la prévention des violences. Il s’agit d’abord de savoir identifier les émotions fondamentales et d’en comprendre le sens, mais aussi de reconnaître le stress et d’en analyser les causes. La régulation émotionnelle constitue une étape clé : être capable d’exprimer et de gérer ses émotions de manière positive, sans se faire du mal ni nuire aux autres. La gestion du stress, en particulier dans les moments difficiles de la vie, est présentée comme un facteur déterminant pour prévenir les passages à l’acte violents.
Les compétences sociales complètent cet ensemble. Elles reposent sur une communication constructive, qui suppose à la fois l’écoute, l’empathie et la capacité à s’exprimer clairement. Elles incluent également l’aptitude à développer des relations positives, à coopérer, à s’entraider et à adopter des attitudes prosociales. Enfin, elles permettent d’affronter les difficultés relationnelles en sachant demander de l’aide, défendre ses droits et résoudre les conflits sans recourir à la violence.
La vidéo s’interroge ensuite sur les effets concrets du développement de ces compétences. Si la science s’est peu intéressée au concept subjectif de bonheur, elle a largement étudié l’impact des compétences psychosociales sur la santé mentale et physique. Les résultats sont particulièrement solides : diminution de l’anxiété, du stress et de la dépression, baisse des troubles du comportement et amélioration globale du bien-être psychique.
Les programmes de développement des compétences psychosociales montrent également un effet majeur sur la réduction des conduites à risque, comme la consommation de substances, mais aussi sur la diminution du recours à la violence, du harcèlement et des comportements sexuels à risque. À ces bénéfices s’ajoutent des effets positifs sur la réussite scolaire et professionnelle.
Ces programmes existent déjà et sont au cœur de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. En France, une stratégie nationale lancée en 2022 vise à généraliser le développement des compétences psychosociales pour les enfants et les jeunes de 3 à 25 ans, en impliquant à la fois les professionnels et les parents. L’objectif est de créer, à long terme, un environnement éducatif continu permettant de réduire durablement les violences et d’améliorer la santé collective.